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Avignon : Les commerces en centre-ville

CONSEIL MUNICIPAL DU 26 AVRIL 2017

DÉLIBÉRATION N° 1

Madame Le Maire, chers (ères) collègues ;

 

Je me suis rendu ce week-end à l’hôpital, au chevet d’une personne âgée. Je ne devrais pas citer son nom, mais son cas étant grave, je vais faire une exception.

Il s’agît de madame De Centre-Ville, commerçante à Avignon.

Cette dame est hospitalisée depuis bientôt une décennie.

Elle se trouve là, parce que le corps médical n’arrive pas à poser un diagnostic fiable sur son mal.

Il tergiverse et hésite depuis bien trop longtemps à lui appliquer les bons remèdes.

Et ce, malgré l’infirmière en chef, Cécile, charmante , gentille et polie qui ne veut ou ne peut faire quelque chose pour elle.

Alors, oui, l’infirmière en chef a eu des problèmes de personnel, mais il semble qu’ils sont résolus maintenant.

Madame De Centre-Ville tient un commerce dans un bijou de petite ville à l’italienne en terre de France.

Mais les administrateurs et les habitants de cette ville ne semblent pas s’en rendre compte.

C’est en partie l’origine de son malheur. Plus personne ici ne semble avoir ni de mémoire ni de réelle connaissance de son histoire.  Plus personne ne semble porter dans son cœur l’Histoire de cette ville.

Ils citent rapidement les mots « Palais des Papes » et « Jean Vilar », comme gage de leur « culture » mais ce n’est que pure façade.

Personne ne sait regarder ce bijou me dit-elle, elle ajoute comme une confession pudique, qu’elle-même n’ose plus la regarder… Ça lui fait trop mal.

Trop mal de voir sa ville aux trottoirs sales bien que des mètres cubes d’eau soient déversés tous les matins à 5h30 ! Et oui, il faudrait frotter et ne pas seulement laisser couler l’eau.

Et les poubelles  qui débordent, mêmes les belles poubelles enterrées débordent…

Elle a même fini par se boucher le nez, l’odeur d’urine à chaque coin de rue, été comme hiver, lui soulève le cœur, au sens propre comme au figuré …

Elle m’a aussi confié qu’elle n’était pas très rassurée dans sa propre Ville, en  la traversant en journée pour aller ouvrir sa boutique ou bien entre midi et deux, pire le soir à la nuit.

Trop de grappes d’hommes avinés assis sur les perrons des hôtels particuliers ou rassemblés dans un coin de rue.

Et puis quelle est cette nouvelle mode ?

Ces jeunes qui, à l’heure du déjeuner, mangent leurs casse-croute assis par terre  sur ces trottoirs crasseux, en se hurlant des grossièretés à la figure …

On lui a dit qu’ils sont élèves dans un lycée professionnel de la ville, lycée qui autrefois portait le nom complet d’un saint et qui, par elle ne sait qu’elle décision saugrenue, a perdu son titre de « saint ».

Ils déjeunent donc par terre dans toutes les petites rues de la ville, en horde et laissent leurs canettes et les emballages sur le sol … Mais quelle éducation, pas la peine de parler d’écologie et de vivre-ensemble…

Mais madame De Centre-Ville et ses clients ont-ils à supporter les conséquences de  l’étroitesse du réfectoire de ce lycée et le manque complet d’éducation de ces jeunes ?

Oui, je l’ai trouvé complètement accablée par tant de laisser-aller, de manque de fermeté et de prise de décision.

J’ai bien senti qu’elle avait envie de se laisser mourir. Elle est à bout de force…

Alors oui, de temps en temps, tous les six ans, les médecins se penchent sur son cas avec des mines compassionnelles et une gravité de façade.

Ils échangent entre eux des propos, parlent d’analyses, de nouveaux protocoles de soin puis repartent. La laissant seule dans sa chambre triste.

Alors pour passer le temps, elle pense avec nostalgie à l’époque où sa famille et ses amis d’Aix-en-Provence venaient lui rendre visite.

Ils n’auraient pour rien au monde manquer l’occasion de venir lui acheter les derniers articles à la mode, car c’est « elle »  Avignon… qui donnait le ton en ce temps-là …

Et elle se souvient aussi de la boutique de son confrère, Louis Féraud qui habillait si bien les femmes …

Il n’y en avait que trois en France, les deux autres se trouvaient à Paris et à Cannes …

Il n’y a pas si longtemps, jusqu’à l’année dernière sa famille du Vaucluse, du Gard et du Nord des Bouches du Rhône venaient lui rendre visite à Noël en raison du marché.

Mais cette année, personne. Plus de marché de Noël, lui a répondu l’infirmière en chef …

Et comme Madame De Centre-Ville, était très attristée au fond de son lit, l’infirmière en chef, Cécile, lui a appliqué une zoothérapie, un nouveau protocole à base de girafe.

Madame de Centre-Ville n’a pas compris. Elle, elle voulait son marché de Noël…

Après un silence, elle s’est doucement emportée … Elle… Elle voudrait pour qu’on vienne la voir plus facilement, qu’on puisse se garer à moindre coût et facilement.

Elle voudrait que soit développé du rotatif en surface et des tarifs de stationnement longue durée adaptés.

Elle me dit qu’il manque un parking en ouvrage au Nord-Est de l’intra-muros.

A l’hôpital, des Monsieur et Madame De Centre-ville, il y en a beaucoup. Les docteurs passent les voir eux aussi. Ils leur posent des questions sur leur état de santé, mais au final, ils ne les écoutent pas. Ils le savent bien.

Eux, comme ils sont respectueux des docteurs, ils répondent bien poliment…

Elle reprend …  Vous savez, il faudrait instaurer une politique de location ou de rachat de boutiques vides pour y implanter de jeunes commerçants et des boutiques éphémères pour entretenir la curiosité des clients.

Et puis, madame de Centre-Ville est coquette. Mais elle n’a pas les moyens de se payer un ravalement de façade …

Elle aimerait bien qu’on l’aide un peu à bien présenter…

Elle ajoute qu’elle pourrait même se contenter de quelques piqûres de Botox qu’elle se ferait appliquer sur quelques rides, notamment celle du lion, la ride des soucis et de la colère ancrée.

Ragaillardie par toutes ces perspectives de bon sens, bien moins chères que tous ces projets de médicaments coûteux aux résultats incertains, Madame De Centre-Ville m’a confié une dernière chose : j’aimerai bien, m’a-t-elle dit, que Madame Le Maire se rende à mon chevet, pouvez-vous le lui dire ?

Et vous savez, moi, je sais que ce n’est pas d’un vaccin dont j’ai besoin. Il me faut un antibiotique à spectre large et de l’accompagnement thérapeutique.

Notre groupe s’abstiendra pour cette délibération, deux raisons … perte de temps et effet placebo pour nos commerces…ils n’ont plus de temps à perdre.

Merci Madame le Maire.

Daniel Christos

Conseiller Municipal, Conseiller Communautaire au Grand-Avignon

 

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